De la (dé)construction du spleen

Ou comment romancer sa dépression à travers le Xanax.

Pendant que l’angoisse de l’existence me quitte, et avant que celle de la rédaction du mémoire me paralyse, un laps de temps se rend disponible pour laisser à mes mots la possibilité de faire sens. J’existe présentement dans la langueur molle des antidépresseurs, mon attention focalisée sur l’absence de tristesse, ou plutôt l’absence d’émotions. Le grand vide. 

J’ai toujours ressenti beaucoup. Certain·e·s diraient trop. Ma vie est un drame constant, constitué d’amours à sens unique, de morceaux de cœur plantés dans le parquet et d’angoisse tapie, latente. J’ai toujours pleuré beaucoup. J’ai plus de marques de sel que de rides sur le visage. J’ai pleuré quand j’ai fait tomber mon goûter sur le goudron de la cour de récré, j’ai pleuré quand j’ai vu une dame promener son corgi sur les quais, et j’ai pleuré quand j’ai passé des jours entiers à être incapable de me lever. 

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