De la (dé)construction du spleen

Ou comment romancer sa dépression à travers le Xanax.

Pendant que l’angoisse de l’existence me quitte, et avant que celle de la rédaction du mémoire me paralyse, un laps de temps se rend disponible pour laisser à mes mots la possibilité de faire sens. J’existe présentement dans la langueur molle des antidépresseurs, mon attention focalisée sur l’absence de tristesse, ou plutôt l’absence d’émotions. Le grand vide. 

J’ai toujours ressenti beaucoup. Certain·e·s diraient trop. Ma vie est un drame constant, constitué d’amours à sens unique, de morceaux de cœur plantés dans le parquet et d’angoisse tapie, latente. J’ai toujours pleuré beaucoup. J’ai plus de marques de sel que de rides sur le visage. J’ai pleuré quand j’ai fait tomber mon goûter sur le goudron de la cour de récré, j’ai pleuré quand j’ai vu une dame promener son corgi sur les quais, et j’ai pleuré quand j’ai passé des jours entiers à être incapable de me lever. 

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Qu’importe le flacon, comme disait Alfred.

Entre la coupe et les lèvres, il reste encore de la place pour un malheur.

Après réflexion, on a décidé mon cerveau et moi que ça serait bien d’être libre ici. Que ce ne soit pas juste un blog pour crier sur le patriarcat, ou seulement centré sur le féminisme. Certains articles seront ainsi dignes de l’époque Skyblog (RIP ju$t-m0a-85500), mais certains jours, j’aurai envie de parler de choses plus intimes. Aujourd’hui, le thème c’était l’alterféminisme de Thérèse Hargot, mais ça devra attendre un peu, le mood n’étant pas à la lutte.

J’ai du me demander si j’étais prête à m’ouvrir, à quel point, peser le pour et le contre, et « est-ce que c’est intéressant », « est-ce que je serais pas en train de raconter ma vie », et puis est-ce que je fais ça pour attirer l’attention… Jusqu’à il y a environ une heure, quand la léthargie latente de la journée a fini par prendre la porte.

Aujourd’hui, je vais vous parler de migraines, d’ulcères et de foie qui pleure. Aujourd’hui, je vais parler d’alcool. Ou plutôt de mon rapport à l’alcool. D’alcoolisme si l’on se débarrasse des périphrases. C’est peut-être beaucoup pour un troisième article. Ça pèse vite un peu trop sur les nerfs et le palpitant, souvent.

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