#NotAllMen, est-ce que ça m’intéresse ?

« Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l’ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas. » Despentes, King King Théorie

Aujourd’hui, mon militantisme féministe n’est plus à prouver. J’ai eu l’occasion mainte fois d’être taxée au mieux de radicale, au pire d’extrémiste, que ce soit sous mon propre toit, en soirée sobre ou à trois grammes, ou pendant les repas de famille. Les conversations ont fini par tourner majoritairement autour de ça : le féminisme. On m’a reprochée d’être misandre, de haïr les hommes, on m’a demandée pourquoi je ne devenais pas tout simplement lesbienne si ça pouvait me permettre d’arrêter de parler sans cesse de la violence du patriarcat. Je suis devenue un cliché : Cheveux courts, roses, épilation aléatoire, féminité questionnée, végétarienne, qui crache sur les riches et les gens de droite, et puis mon discours. Mon discours constant sur la domination masculine, les différences de traitement, les inégalités de salaire et j’en passe. On m’a dit aussi que mon féminisme était tolérable parce que j’étais rigolote. « Radicale mais rigolote ». Prendre un ton léger pour parler de sujets graves, tout de suite ça dédramatise, ça impose une distance qui permet aussi de se dédouaner de ses privilèges et responsabilités.

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